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SOS fourmis, amies ou ennemies ?

SOS fourmis au jardin, amies ou ennemies ? C’est une vraie question que l’on va s’employer à éclaircir pour faire toute la lumière !

Le vrai du faux !

C’est le grand classique de l’été. Vous vous promenez tranquillement dans votre jardin pour admirer vos massifs, et là, c’est le choc : des dizaines de fourmis ! Elles dévalent les branches de votre cerisier, grimpent le long de vos rosiers ou colonisent vos pieds d’artichauts. Immédiatement, une petite musique d’angoisse résonne dans votre tête de jardinier : fourmis = pucerons = danger pour mes plantes !

Pas de panique ! À la Jardinerie Kallenkoot, nous aimons regarder la nature d’un œil un peu plus serein. Et si on vous disait que la présence des fourmis dans votre jardin n’est pas une catastrophe, mais plutôt le signe d’un écosystème bien vivant ? Installez-vous confortablement et observez ces fascinantes petites bêtes.

SOS fourmis, amies ou ennemies ? Qui est-elle ?

Saviez-vous qu’il existe plus de 14 000 espèces de fourmis à travers le globe ? En France, nous en partageons notre quotidien avec environ 200 espèces. Mais celle qui adore squatter nos espaces verts de prédilection, c’est la fourmi noire des jardins (Lasius niger, notre photo ci-dessous).

Ces petits insectes sont des modèles d’organisation sociale. Chez elles, tout le monde travaille main dans la main, ou plutôt patte dans patte… Pour le bien-être de la colonie. Et contrairement à ce que l’on croit souvent, elles ne sont pas là pour détruire votre potager ou vos parterres de fleurs !

les fourmis noire, Lasius Niger, sont les plus communément rencontrées dans les jardins
Lasius niger

Le grand secret des plantes et des fourmis !

Les plantes et les fourmis se côtoient depuis la nuit des temps. Au fil de l’évolution, elles ont signé un véritable pacte d’entraide que les botanistes appellent la myrmécophilie.

Si vous observez bien vos végétaux, vous allez remarquer que beaucoup d’entre eux déploient des trésors d’ingéniosité pour attirer les fourmis. Comment ? En sécrétant un délicieux nectar très sucré directement sur leurs feuilles ou leurs boutons floraux. Pour la plante, ce n’est pas un gaspillage d’énergie, c’est un investissement ! En échange de ce bar à sirop gratuit, la colonie de fourmis assure une garde rapprochée de la plante en chassant les intrus un peu trop gourmands comme les chenilles ou les petites larves nuisibles.

SOS fourmis, amies ou ennemies ? Nos craintes

Une crainte fréquente chez les jardiniers amateurs est de voir les fourmis voler les graines fraîchement semées. Rassurez-vous : les espèces présentes dans nos jardins ne s’intéressent pas du tout à vos semences de radis ou de tomates ! Elles préfèrent récolter les graines de certaines plantes sauvages comme les violettes, les chélidoines… Qui possèdent une petite excroissance grasse et nutritive appelée élaïosome. En transportant ces graines vers leur nid, elles en perdent en chemin et aident ces plantes à se propager. C’est le transport en commun version nature !

Arrivons-en au sujet qui fâche : l’élevage de pucerons. C’est vrai, les fourmis ont un faible pour le miellat, ce liquide sucré que les pucerons rejettent en suçant la sève des plantes. Pour obtenir leur friandise, les fourmis se transforment en véritables bergères : elles caressent les pucerons avec leurs antennes pour stimuler la production et protègent fièrement leur cheptel contre les prédateurs, notamment les larves de coccinelles.

Faut-il déclarer la guerre aux fourmis ?

Pas vraiment et ceci pour des raisons sérieuses et intéressantes !

Elles régulent naturellement des pucerons. Les fourmis ne sont pas folles. Si les pucerons deviennent trop nombreux et menacent la survie de la plante, les fourmis n’hésitent pas à en croquer quelques-uns pour réguler la population.

Elles sont un bouclier anti fumagine ! En nettoyant et en consommant le miellat des pucerons, les fourmis empêchent ce liquide collant de s’accumuler sur les feuilles. Cela évite le développement de la fumagine, ce vilain champignon noir poudreux qui asphyxie les végétaux.

Elles forment une brigade de nettoyage. Une fois rassasiées de sucre, les fourmis partent chasser des protéines pour nourrir leurs larves. Elles débarrassent ainsi vos massifs d’un grand nombre de petites bêtes grignoteuses.

Au final, c’est un contrat tripartite entre la plante, les pucerons et les fourmis. Tout est une question d’équilibre et de tolérance dans un jardin naturel et biodiversifié !

SOS fourmis, amies ou ennemies ? Remèdes de grands-mères

Il se dit qu’un cordon de cannelle, de marc de café, de sel ou de piment permet de faire fuir les fourmis. Mais réellement, nos amies les fourmis s’en fichent éperdument ! Ces barrières ménagères amusent beaucoup plus le jardinier qu’elles ne dérangent les insectes, qui finissent toujours par trouver un autre chemin en quelques minutes.

Si une colonie de pucerons devient vraiment problématique sur un jeune arbre fruitier, la seule méthode physique efficace reste la pose d’une bande de glu ou d’un collier arboricole autour du tronc. Cela empêche simplement les fourmis de monter pour protéger les pucerons, laissant le champ libre aux prédateurs naturels comme les coccinelles ou les syrphes pour faire le ménage.

Fourmis en train de "traire" le miellat des pucerons.
En prélevant le miellat des pucerons, elles empêchent la formation de fumagine. Elles évitent donc l’installation de ce champignon.

Venez échanger avec nous à la Jardinerie Kallenkoot !

Vous avez un doute sur la santé d’un arbuste ? Vos rosiers sont très envahis et vous ne savez pas comment réagir de manière douce et écologique ? Toute l’équipe vous attend dans notre magasin. Venez nous rendre visite pour partager vos expériences, nous montrer vos photos et glaner nos meilleurs conseils de saison. Après tout, rien ne vaut une vraie discussion entre passionnés au milieu des plantes !
Dès lors pourquoi le jardinier viendrait-il rompre cet équilibre ? Pourquoi empêcher les fourmis d’accéder aux rosiers et autres arbustes alors que ceux-ci déploient toute une stratégie pour les attirer ? Quant aux pucerons… tout est affaire de tolérance. Je les supporte mal sur mes seringats mais les accepte sur mes rosiers. Ils y sont discrets et m’offrent, chaque début de printemps la ravissante vision d’un ballet d’oiseaux venus s’en délecter.

Dans la série SOS jardin : SOS limaces et escargots

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